21 février 2024


Conseils


Addiction à la masturbation : quand le plaisir solo devient un besoin compulsif



La masturbation, rien de plus naturel. Pratiquée régulièrement, elle est bonne pour la santé et permet de mieux vivre sa sexualité. Sans parler du bien-être et de la relaxation immédiate générés par une séance en solo !


C’est bien beau tout ça, mais quid d’un onanisme trop fréquent ? Que faire quand il semble vraiment impossible de se passer de ce plaisir solitaire ?


Si se masturber devient compulsif, on peut alors parler d’addiction à la masturbation. Une dépendance qui peut être associée à d’autres soucis, tels que des troubles de l’érection, et est parfois accompagnée d’une addiction au porno

Homme souffrant d

Vous vous reconnaissez dans cette description ? Avant de paniquer et d’appeler le 115, respirez un coup. On fait le point sur ce problème, avec quelques clés de compréhension et des pistes de traitement. Spoiler alert : l’addiction à la masturbation, c’est avant tout dans la tête que ça se passe. 

Qu’est-ce que l’addiction à la masturbation ?


L’addiction à la masturbation est une dépendance très élevée à la stimulation sexuelle en solitaire. On parle d’addiction à l’onanisme quand ce dernier n’est plus seulement un moyen occasionnel et maîtrisé de se faire du bien sexuellement, mais un acte compulsif. 


La masturbation se produit alors à une fréquence anormale, ou bien dans des contextes inappropriés (coucou la «pause WC» un peu trop longue au travail). La personne dépendante ne semble pas pouvoir mettre de limite à son besoin de se masturber ou de regarder du porno. 


Ceci peut avoir un impact sur différents aspects de son quotidien : vie sexuelle, vie relationnelle ou même vie professionnelle peuvent s’en trouver affectées. 


Si elle s’accompagne de troubles d’ordre physique comme des difficultés d’érection, l’addiction à la masturbation est avant tout psychologique. Cette dépendance est diagnostiquée par un thérapeute, comme un sexologue, et requiert l’accompagnement de ce dernier.


Voici une petite vidéo introductive sur le sujet pour les plus visuels parmi vous. 

 

Comment savoir si je me masturbe trop ? 



Avant de vous précipiter à une réunion des B.A. (Masturbateurs Anonymes), prenez quelques instants pour considérer les chiffres suivants.


D’après une étude[1] reprise par Midi Libre , les hommes se masturbent en moyenne 154 fois par an. À l’échelle hebdomadaire, on obtient le chiffre de 2,96 fois par semaine… Et il s’agit d’une moyenne, ce qui signifie que parmi les interrogés, certains se masturbent beaucoup plus souvent, par exemple chaque jour ! Ça, c’est pour vous donner une idée de ce qu’est un rythme « normal » à l’échelle mondiale.


Si, pour votre part, vous avez besoin de vous masturber plusieurs fois dans l’heure, par exemple, vous pouvez commencer à vous questionner. Il faut savoir que les hommes ont une période dite « réfractaire » d’environ 30 minutes après un orgasme éjaculatoire. Durant cette période, le corps est normalement incapable de produire une érection. Se masturber au-delà de cette limite peut signaler une dépendance.


Mais pour savoir si l’on souffre d’une addiction à la masturbation, la fréquence n’est pas la seule donnée à prendre en compte. Comme l’indiquent certains sexologues, il existe d’autres signes qui ne trompent pas, notamment :

Homme regardant son smartphone
  • Une dimension pulsionnelle à la masturbation (impossibilité de se contrôler) ;
  • Une sensation de mal-être avant la masturbation (stress, anxiété, tristesse…) et qui motive cette dernière ;
  • Un sentiment de honte ou de culpabilité après la masturbation.

En d’autres termes, si vous avez l’impression qu’une masturbation très fréquente est une nécessité absolue pour vous sentir bien, il y a peut-être anguille sous roche. Il sera alors sage de se tourner vers un sexologue pour établir le diagnostic et obtenir un accompagnement approprié.


On revient sur la dimension émotionnelle de l’addiction à la masturbation un peu plus bas dans cet article. 

Les risques d’une masturbation excessive


On ne vous parlera pas ici des mythes et légendes concernant la masturbation, ceux qui disent par exemple que cette dernière rendrait sourd. Tout simplement, parce que, comme n’importe quel sexologue sérieux vous l’affirmera, il s’agit bien de mythes, sans fondement réel.


Cependant, l’addiction à la masturbation peut être liée à quelques soucis de santé, notamment dans la région génitale. Ainsi, une masturbation compulsive trop longue peut endommager les corps caverneux de la verge . Ces mini traumatismes peuvent causer, à terme, une maladie appelée maladie de Lapeyronie, qui se manifeste par une déformation du sexe.

Un homme seul dans un hangar

Autre souci physique potentiellement causé par une addiction à la masturbation : l’ éjaculation précoce . Certes, se masturber à un rythme « normal » peut aider à combattre cette condition en s’entraînant à retarder l’éjaculation. En revanche, un excès de plaisirs solitaires peut avoir l’effet inverse, en conditionnant le cerveau à déclencher le réflexe éjaculatoire plus vite.


La masturbation compulsive ou excessive est aussi souvent associée à des troubles de l’érection . Néanmoins, une clarification s’impose ici : selon certains sexologues, ce n’est pas la masturbation elle-même qui cause ces difficultés. Ces derniers seraient plutôt engendrés par les problèmes d’ordre psychologique qui causent l’addiction, et dont nous parlons un plus plus bas.


Se masturber compulsivement peut aussi avoir un impact sur le désir dans le couple . La sexualité à deux peut s’en trouver affectée, avec par exemple une baisse de libido ou un désir vacillant pour l’autre. Là encore, outre le fait même de se masturber, c’est la dimension plus « intérieure » de cette habitude qui devra être observée pour comprendre et régler le problème. 


L’addiction au porno, souvent associée à la masturbation compulsive


Bien souvent, se masturber de façon compulsive s’accompagne d’une autre dépendance : celle à la pornographie.

Une personne manipulant son smartphone

Les vidéos, images ou magazines sexy deviennent, eux aussi, des conditions sine qua none au bien-être. Il paraît impossible de faire face aux obligations de la vie quotidienne sans consommer ce type de contenu. Le porno semble devenu, comme la masturbation, indispensable.


Les signes d’une dépendance au plaisir solitaire décrits par de nombreux sexologues sont les mêmes qui caractérisent une addiction au porno. Impossibilité de se maîtriser, mal-être intérieur avant le visionnage, sentiment de honte et/ou de culpabilité sont autant de réjouissances qui indiquent une potentielle addiction au porno.

Un groupe d

Addiction à la masturbation : parfois, le symptôme d’un problème plus profond 


Le signe d'un stress excessif


Tout bon sexologue vous le dira : une dépendance au plaisir solo est bien davantage qu’une « mauvaise habitude ». Comme tout comportement compulsif, sexuel ou non, cette dernière puise bien souvent ses origines dans le monde intérieur du sujet.


Ainsi, la masturbation compulsive ou trop fréquente peut d’abord être liée à un haut niveau de stress . Rythme de travail intense, responsabilités importantes, tensions de couple ou vie de famille stressante…


La masturbation est en tous les cas un moyen facile et rapide de libérer des hormones du plaisir dans le corps. Ces dernières réduisent instantanément le stress et aident le corps à se relaxer.


Ainsi, si vous masturber ou regarder un porno sont devenus pour vous les seuls moyens de vous détendre après une longue journée, il se pourrait que votre comportement compulsif soit provoqué par un quotidien qui vous en demande un peu trop. 

Un homme pensif

Un remède à la dépression

Toujours dans la sphère de la santé mentale, l’onanisme compulsif et/ou trop fréquent peut être le signe d’un état dépressif. Là encore, ce sont les hormones de bien-être libérées par le plaisir solitaire et l’orgasme qui permettent de remédier temporairement à cet état psychologique. 


Quelles que soient ses causes, la dépression est en tout cas un trouble à ne surtout pas négliger, qui nécessite souvent un accompagnement professionnel. Elle indique que quelque chose ne va pas, que cela soit dans la chimie du cerveau ou dans l’environnement extérieur. 


Par ailleurs, ses impacts sont nombreux, notamment sur le plan relationnel : elle peut par exemple affecter le désir, et donc la santé sexuelle du couple. Selon certains sexologues, c’est aussi elle qui engendre les difficultés d’érection, non pas la masturbation compulsive en elle-même. 


Si vous faire du bien sexuellement est la seule chose qui vous donne un tant soit peu de contentement et de joie en ce moment, là encore, il est important de ne pas rester seul. S’adresser à un sexologue ou à un psy de confiance pourra être d’une grande aide pour déterminer les causes de vos difficultés. 


L'expression d'un besoin insatisfait


Vous l'aurez compris : se faire du bien sans limite a souvent une origine intérieure.

Un couple en pleine dispute

Au-delà du stress et de la dépression, une telle habitude peut indiquer de façon plus générale un besoin non satisfait. Ce besoin peut être de nature sexuelle d’abord : par exemple, on peut être frustré au lit avec sa ou son partenaire, en raison de fantasmes non assouvis. Ou bien, on peut se sentir seul, sans chérie (ou chéri) avec qui partager des moments intimes.


Une dépendance au sexe en solo peut aussi traduire un manque affectif, le besoin de se sentir simplement vu, touché, caressé par quelqu’un d’autre. Mais le besoin non satisfait que vient compenser la masturbation peut aussi être d’une toute autre nature. Ainsi, quand l’onanisme est un remède au stress, peut-être le besoin non satisfait est-il tout simplement celui de se détendre, d’avoir un peu plus de temps pour soi.


S’il vous permet de pallier un état dépressif, peut-être que d’autres aspects de votre quotidien sont à revoir, comme par exemple le temps que vous consacrez à votre travail vs. à vos loisirs ou à ceux que vous aimez.


Donc, si vous pensez bel et bien être addict, il se pourrait que certains de vos désirs ou besoins, sexuels ou non, ne soient pas contentés.

Je suis addict à la masturbation, que faire ? 


Consulter un sexologue


Bien souvent, les racines d’une addiction sont plus profondes et complexes qu’on ne le pense. Aussi, un accompagnement professionnel peut s’avérer nécessaire pour vraiment comprendre et traiter le problème.


Si vous pensez être addict à la masturbation, demander l’avis d’un sexologue ou d’un thérapeute en qui vous avez confiance est peut-être la bonne solution. Au fil des séances, il ou elle vous aidera à déceler ce qui, en vous et autour de vous, peut vous pousser à vous masturber compulsivement.


Et rappelez-vous : personne ne vous juge. Votre thérapeute est là pour vous aider. Pour votre part, essayez autant que possible de vous prodiguer bienveillance et patience ; il n’y a rien qui cloche chez vous. Vous avez simplement un (ou plusieurs) besoin non assouvi.


Si vous ne pouvez pas vous permettre de consulter un professionnel, confiez-vous à une personne de confiance comme un ami proche, avec qui la sexualité n’est pas un tabou.

Un psychologue avec son patient

Autre méthode économique : écrivez ce que vous vivez et éprouvez dans un carnet. Coucher vos pensées sur papier peut en effet vous aider à comprendre pourquoi vous êtes dépendant. Dans votre carnet, parlez de ce que vous ressentez avant/pendant/après votre moment en solo. Puis, questionnez-vous sur le possible besoin non satisfait que cache cette habitude, et écrivez les réponses possibles.


Traiter les causes profondes

Stress


Si l’accompagnement d’un sexologue ou votre propre introspection vous permet de comprendre les causes de votre dépendance, vous êtes sur la bonne voie. La prochaine étape consistera à vous attaquer au problème en changeant ce qui, dans votre vie, vous pousse à vous masturber compulsivement .


Ainsi, si vous réalisez que cette habitude est causée par un stress trop élevé, demandez-vous quelles actions vous pourriez prendre pour le réduire. Serait-ce par exemple mettre un peu plus de limites au boulot ? Exprimer votre besoin de décompresser à vos proches ? 

Insatisfaction relationnelle


Si votre « réflexe manuel » provient plutôt d’une vie de couple en berne ou d’un besoin sexuel non contenté, une seule solution : communiquer. À moins qu’il ou elle soit Charles Xavier des X-Men, votre partenaire n’est pas télépathe. Aussi lui dire verbalement ce qui vous manque dans votre relation, que cela soit au lit ou au quotidien, est indispensable pour changer la donne. 

Insatisfaction généralisée


Vous venez de réaliser que vous masturber est une façon de pallier un quotidien qui vous pèse ou ne vous convient pas ? D’abord, bravo : ce genre de prise de conscience n’est vraiment pas simple. Ensuite, il est important d’approcher le problème étape par étape. 


Quels changements (même mineurs) pourriez-vous effectuer ici et maintenant qui pourraient vous aider à vous sentir mieux ? Serait-ce par exemple de vous consacrer un peu plus aux gens que vous aimez ? Faire une promenade dans la nature ? Jouer aux mots-croisés ou faire une partie de Mario Kart avec vos potes ? Vous lancer dans ce projet créatif qui vous tient à cœur depuis longtemps ? 


Seul, vous pouvez déterminer ce qui vous rendra plus heureux. Et souvenez-vous : tout changement significatif demande du temps et de l’investissement. Soyez patient, avec le processus d’abord, mais aussi et surtout avec vous-même. 

Changer de méthode


Et si votre masturbation compulsive était simplement une question de technique ? Peut-être ne trouvez-vous pas pleine satisfaction dans vos moments de plaisir solitaire, ce qui vous incite à répéter l’opération inlassablement…


Avant d’opter pour un sevrage long et difficile, un simple changement de méthode pourrait bien suffire à traiter votre dépendance. Mettre l’accent sur la qualité plutôt que la quantité vous aidera à vraiment profiter de ces instants d’amour de soi, en tirant une plus grande satisfaction sexuelle. 

Une solution : l'usage de sextoys spécialisés

Le recours à un sextoy comme une vaginette par exemple peut contribuer à rompre avec les comportements impulsifs en introduisant un processus plus réfléchi et intentionnel. 


Pourquoi ? En fait, l’usage d’une vaginette implique un rituel préalable : préparer son jouet, appliquer du lubrifiant, faire monter la température, se faire plaisir jusqu’à ne plus pouvoir se retenir… Puis ranger et entretenir son toy. En adoptant ces petites habitudes, l'individu se trouve dans une dynamique opposée à l'impulsivité, mais nécessitant plutôt une préparation consciente et délibérée.


ONY, la marque française de sextoys masculins


Prenez maintenant le temps de découvrir nos jouets sexuels masculins


La gaine de masturbation Pure ou Nomad, par exemple, amplifiera votre séance de masturbation avec son système d’aspiration de l’air. De plus, chaque mouvement de va-et-vient crée un effet chauffant naturel, rendant l’expérience de plaisir solo encore plus intense.


Exa One, véritable joyau de technologie, procure des sensations incroyables avec ses modes de succion, va-et-vient et rotation. Un vrai régal !

Un homme tenant un sextoy

Enfin, notre cockring Pulse One, avec ses 10 modes de vibration et son option de contrôle à distance, vous promet de fantastiques moments d’extase, seul ou à deux.


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Ce qu'il faut retenir


Nous espérons que cet article sur l’addiction à la masturbation vous aura permis de mieux comprendre le sujet. Dans tous les cas, n’oubliez pas : patience et bienveillance avec soi-même sont des facteurs indispensables pour aller mieux. On croit en vous ! 

Thibault Ayrinhac

Rédacteur web

[1] Étude menée en coopération entre Womanizer et Lucid en mai 2022 auprès de 22.315 hommes et femmes de 16 pays et régions (Australie, Autriche, Canada, Chine, France, Allemagne, Corée du Sud, Italie, Hong Kong, Japon, Nouvelle-Zélande, Singapour, Espagne, Suisse, Royaume-Uni, Etats-Unis)

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